Elie ROCARIES
La découverte de l'oeuvre de Elie Rocaries nous a été facilitée par son neveu. Qu'il en soit ici remercié.Disparu accidentellement trop vite, nous voulons avec cette page, rendre hommage à cet artiste injustement méconnu.
ELIE ROCARIES : PEINTRE BANYULENC
Fils d’une vieille famille de Banyuls sur mer, Elie Rocaries
est né le 14/08/1911 à St Laurent de la Salanque où son père
était garde maritime.
De 1914 à 1925, son enfance se déroule à Banyuls et
Collioure devenue cité des peintres et du fauvisme, ce quiaura eu,peut-être, une influence sur la naissance de son génie créateur.
Il passe son adolescence à Leucate et Narbonne où il poursuit ses études (1926-1930).
Dès 1929 à Perpignan, puis en 1930 à Narbonne, il se fait remarquer en exposant ses premières œuvres. Celles-ci lui valent d’être distingué dans une revue critique d’art parisienne.
En 1930 il envisage de se présenter au concours d’entrée à l’école supérieure des Beaux Arts,
mais son père le pousse à opter pour celui du Génie Rural où il est admis. Sa fonction au sein
de cette administration ne le détournera jamais de son œuvre créatrice.
Au gré de ses affectations, il vivra d’abord à Marseille (1934-1940), puis à Agen (1940-1955)
avant de revenir en pays catalan, à Banyuls sur mer, où il travaillera dans son atelier de
l’avenue du Puig del Mas en face de l’ancienne cave « La Banyulencque » aujourd’hui
démolie.
Il meurt accidentellement, happé par un train en gare de Banyuls, le 6 septembre 1992, à l'âge de 81 ans.
Extrait du livre de Henri Frère « Conversations de
Maillol » :
En avril 1944, l’évacuation des habitants les plus
âgés de Banyuls avait commencé, et depuis
quelques jours j’hébergeais dans ma maison de
Sorède deux banyulencs, M. et Mme Rocaries.
J’en parlai à Maillol.
_ Rocaries ? fit-il. C’est peut-être le père de
ce garçon qui fait des choses étonnantes. Vous
ne le connaissez pas ? Il m’a apporté un jour un
album avec des milliers de dessins. Il y avait
une page entière pleine de nez, de nez de
toutes les formes, mais exécutés d’une façon
inouïe, comme Léonard de Vinci. Il y avait une
autre page avec des oreilles. Puis des hommes
qui luttent, des joueurs de football, petits
comme ça. Il y en avait des quantités dans une
page, dans toutes les positions, mais d’une
pureté de lignes parfaite, tout noirs, avec un
ton plat, n’est-ce pas ? Il y avait une page entière d’oiseaux. Puis des insectes…
Quand Lucien était petit, il en faisait de très étonnants, comme les japonais.
Mais ça, c’est beaucoup plus fort. Il fait aussi ce qu’il voit dans les vieux murs.
Puis des têtes qui font des grimaces… Mais je ne puis pas vous en donner une
idée. Il faut le voir. C’est inouï. Je lui ai conseillé tout de suite d’aller à Paris. Ce
sera un type très savant. Il appartient au Génie Rural.
_Avec ce métier, va-t-il pouvoir continuer ? dis-je.
_C’est évident, qu’il va continuer, répartit Maillol. Comment voulez-vous qu’on
ne continue pas, quand on a du génie ? Il est timide, il s’est fait accompagner
pour venir me voir. Il me disait : « Ce que je voudrais faire… ». Je lui ai
répondu : « Mais vous le faites ! ». Il faut qu’il aille à Paris le plus tôt possible,
qu’il aille au Louvre. Et puis qu’il travaille dans le sens de ce qu’il comprendra.
C’est tellement curieux ce qu’il fait. Mais il faut voir comment cela est fait…
C’est l’analyse n’est-ce pas. Mais une analyse profonde.
Le temps ne pardonne pas ce que l'on fait sans lui E.Delacroix