Pêche au lamparo


  
                   Dans la seconde moitié de ce XIX
ème siècle, Espagnols et Italiens utilisaient de façon courante les “feux” pour diverses pêches la nuit. C’est ainsi que les Italiens inventèrent le filet tournant à fermeture par glissière ; très tôt, les Espagnols suivirent.
                    En France, les autorités craignant un accroissement incontrôlé des prises, interdirent la pratique de cette pêche au “feu”. Les prud’homies catalanes, argumentant d’une part l’appauvrissement des fonds exploités par les chaluts et les palangres,   et, d’autre part ,l’abondance des petits pélagiques, réussirent à obtenir le 30 janvier 1926 l’autorisation pour le “Roussillon” de pratiquer la pêche au lamparo avec le filet tournant à fermeture par glissière, au delà des trois milles de la côte.
                   La rentabilité de cette pêche, était très importante, elle fit l’objet dans un premier temps de nombreuses controverses. De plus, les Roussillonnais bénéficièrent du savoir faire de leurs amis  catalans du sud. Mais c’est surtout après la guerre civile d’Espagne que ces
Catalans furent les initiateurs de la pêche au lamparo, notamment en Côte Vermeille. Ils devinrent des résidents permanents avec leurs familles, .beaucoup de  femmes étaient des remmailleuses de filets.
                    A partir de 1950, cette pêche se développa progressivement sur les côtes du Languedoc, faisant croître fortement la production.
                    La pêche au lamparo, interdite dans les quartiers de Marseille, Martigues,Toulon, fut officiellement autorisée sur tout le littoral méditerranéen français en 1960.

       Technique de la pêche au lamparo

                  Le filet lamparo, à bord d’une “catalane”, après la guerre de 1939-1945

     Le filet lamparo utilisé en Côte Vermeille et plus généralement sur les côtes de Méditerranée françaises, est un filet tournant de forme rectangulaire. en action de pêche, ses deux extrémités viennent se rejoindre pour former une enceinte circulaire, où tous les poissons se trouvent rassemblés.
     Il est muni d’un dispositif appelé “coulisse” lui permettant de se fermer dans sa partie inférieure pour former une vaste poche close d’où le poisson ne peut s’enfuir.

   Cet engin, dont les dimensions varient suivant la taille du bateau senneur : 180 à 200 m de ligne de flottaison, correspondant à un navire de 10 à 11 mètres (Catalane);

Opération et tactique de pêche :

Le navire quitte le port après la tombée de la nuit pour se rendre sur le lieu de pêche choisi par le patron pêcheur. Arrivés sur les lieux de pêche, deux hommes embarquent sur l’annexe “feu”, toutes lampes allumées, l’annexe est maintenue à distance de quelques brasses du bateau senneur.
Lorsque le poisson est détecté, soit par le rassemblement sous les lampes, soit par les bulles gazeuses lâchées par la vessie natatoire, les hommes de l’annexe “feu” signalent au Patron pêcheur leur estimation quantitative. La décision de “caler” le filet est prise par la Patron; quatre hommes se mettent aux quatre rames, le flotteur signal est fixé à une extrémité du filet, et le mousse allume alors le “fanal”. Le signal est mis à l’eau et le Patron donne l’ordre de ramer avec force mais sans hâte. L’annexe “feu” se tient à la rame au centre du cercle. Lorsque la jonction des deux ailes du filet est faite, chacune d’elles est fixée sur le côté babord de la barque. L’extrémité de la coulisse est alors passée sur la “roue” de proue. A ce moment s’opère la fermeture basse du filet par la traction exercée simultanément sur les deux extrémités de la coulisse. Tout le temps que dure cette opération, l’annexe “feu” reste toujours au centre du cercle. Au terme de la manoeuvre, tous les anneaux se trouvent rassemblés, l’annexe “feu” se dégage alors de l’encerclement du filet. L’équipage remonte ensuite le filet des deux côtés, conduisant progressivement le poisson jusqu’à la poche “matadou”, qui reste immergée. Il ne reste plus à l’équipage qu’à recueillir le contenu de la poche. Cette dernière opération nécessite l’emploi d’une grosse épuisette manoeuvrée par deux hommes, l’un tient le manche, l’autre retire la poche par un “bout” fixé à une “patte d’oie” sur le cercle. Chaque coup d’épuisette déverse sur le pont environ cinquante kilos de poisson.
   Une barque catalane pouvait contenir jusqu’à cinq tonnes de poisson.
    Si le coup de filet n’était pas satisfaisant (peu rentable), l’annexe “feu” reprenait sa place de détection jusqu ’avant l’aube, pour tenter une autre “calée”.
    Aujourd’hui, la technique de la pêche au lamparo est différente, en raison du matériel utilisé, notamment :-  lumière produite par un groupe électrogène,
                               -  Détection par un sondeur à écran lumineux

                               -  Puissance de traction senneur (200 à 300 CV minimum
                   -  Taille du filet deux à trois fois supérieure en longueur et en hauteur,
                               -  Fermeture à glissières par câble à l’aide d’un treuil,

                               - “Epuisette” soulevée par un bras hydraulique déversant 200 à 250 kilos de poisson.