La pêche des thons à Collioure


             Cette pêche se pratiquait d’avril à septembre. Deux hommes, un sur la falaise, l’autre sur le “miradou”,  observaient la mer et prévenaient la population de  la présence des thons,  et éventuellement de leur approche et des diverses formes de déplacements, par des signaux conventionnels avec un pavillon blanc. Lorsque l’évènement se concrétisait par la mise à la mer des embarcations, les enfants se dispersaient dans le village  en criant “à la tonaïre”.  La population, abandonnant ce qu’elle faisait, ralliait la  plage pour participer à la pêche.
              Divisés en quatre groupes, les pêcheurs sur la plage préparaient à bord  filets et gréements correspondant à l’une des quatre pièces destinée à compléter en mer la “tonaïre de cinta” (thonaire de ceinture ou encerclement) 
       Les quatre embarcations à rames prenaient la mer en effectuant plusieurs manoeuvres pour éviter d’effaroucher les thons à la poursuite des petits pélagiques se dirigeant vers la plage. Lorsque les thons avaient atteint les fonds appropriés aux  types de filets, les pêcheurs commençaient à “caler” les “thonaires” (au large) en partant du centre, formant un demi cercle et terminant par les côtés jusqu’à la plage. Cette partie encerclée  s’appelait “l’horta”  (grand jardin). En tirant les filets de chaque côté ils réduisaient le cercle, puis en formaient un autre à l’intérieur.  L’espace de ces deux  enclos, l’un devant l’autre s’appelait “el cleda“  (le parc). Lorsque les thons  se trouvaient dans les fonds  de 4 brasses, un filet de mailles plus fortes était “calé” en forme d’arc, il mesurait 48 brasses (environ 80m.).Le “cop”, (partie du filet où les poissons étaient harponnés ou crochetés) mesurait 20 brasses (environ 35m). C’est dans cette partie la plus réduite que les pêcheurs,  armés de “gafes” (crochets), rentraient dans ce (parc) pour crocheter les thons et les traîner jusqu’à la plage. Il y avait donc quatre types de filets qui étaient successivement “calés”, les uns  devant les autres . D’après Duhamel du Monceau les “Catalans” achetaient des thons à  Collioure pour les saler.