HISTOIRE‎ > ‎Cerbere‎ > ‎

L'arrivée du chemin de fer



La construction du chemin de fer sur la Côte Catalane ne fut pas de tout repos.

En 1864 fut signé l'accord Franco-Espagnol fixant les points de passage d'une ligne de chemin de fer reliant ces deux  pays entre eux, entrainant la création de deux gares de part et d'autre de la frontière.
Ce n'est qu'en octobre 1869 , sous le règne de Napoléon III, que fut prise la décision de poursuivre les travaux de construction de la ligne de chemin de fer qui s'était arrêtée  à Port-Vendres.
Les techniciens/ingénieurs du chemin de fer avaient étudié entre temps, le projet (vite abandonné ) prévoyant la possibilité du passage par le Col de Banyuls ( avec creusement d'un tunnel dans le dernier tronçon avant la frontière.)

Les travaux commencèrent en 1870 sous l'égide de la Compagnie du Midi. En raison des travaux pharaoniques nécessaires ( dompter en le détournant le cours du " Ribéral " , lui recréer un lit, araser toute une colline, soutenir les terres, .. ) ce n'est que le 21 janvier 1878 que l'inauguration officielle de la gare a lieu.
Il a fallu également percer un tunnel sous le col des Balistres pour pouvoir rejoindre Port Bou. Le percement dura 5 ans (1870-1875). En 1877 la voie ferrée était posée. Le tunnel créé à la force des bras a une longueur de 1064 mètres.
La première liaison internationale eut lieu le 23 janvier 1878.
Mais la gare Internationale de Cerbère était loin d'être terminée. Il fallut d'abord  construire un mur de 550 m de long ( en lloses et briques ) sur une hauteur moyenne de 20 m. Ce mur devait avoir 2 niveaux  comportant chacun 24 arcades de 8 m de haut et autant à la base. C'est sur ce mur que devait être établi le faisceau de voies de la gare Internationale. La voie française se prolonge
ait jusqu'à Port Bou, la voie espagnole se prolongeait jusqu'à Cerbère.
Une armée de 500 ouvriers ( en majorité des Espagnols, Italiens et Portugais )s'employèrent à construire ce mur à l'ancienne, comme l'on construisait les cathédrales face au soleil et sans échafaudage. A mesure de l'édification du mur,  on comblait derrière avec des gravats. Quatre années furent nécessaires à la réalisation de ces travaux. Enfin, en 1886, le mur de soutènement terminé, le paysage de Cerbère prenait une forme définitive.

L'extension et la richesse du village qui s'en suivit, furent la conséquence de la différence d'écartement des voies entre les réseaux français et espagnols : 1,445 m. pour la France et 1,672 m pour l'Espagne. Pour la petite histoire, cette décision fut prise par l'Espagne qui redoutait qu'un gabarit de voie européen ne facilite une invasion éventuelle de leur pays, alors qu'une rupture entre les 2 réseaux les protégerait de ce risque.
Cependant, cette différence d'écartement n'était pas sans inconvénients. Elle rendait nécessaire le transbordement des marchandises et des personnes. Voir la page: Le transbordement et les transitaires


              

  

D.P - Y.C
Bibliographie: La Côte Vermeille Pierre Cantaloube - Pierre Lauvernier
: Cerbère 1886 - 1938 Collection "Albans"
: Cerbère t'estimi Jeannot H