HISTOIRE‎ > ‎Banyuls‎ > ‎

La Pouponnière de Banyuls



De juillet 1941 à novem
bre 1942 une pouponnière a été installée à Banyuls mais rares sont les banyulencs qui ont gardé dans un coin de leur mémoire le souvenir de la présence sur le territoire de la commune de cet établissement appelé "la Pouponnière de Banyuls". La Maternité Suisse d’Elne et à sa tête la jeune Elisabeth Eidenbenz permettait aux femmes internées dans les camps de réfugiés, notamment d’Argelès et Rivesaltes, d’accoucher dans de bonnes conditions. Mais pour faire face à une situation sanitaire très dégradée, elle recherchait un lieu pour y installer une pouponnière avec pour mission de soigner et remettre sur pieds des nouveaux-nés ou des enfants de santé précaire. Le choix s’est porté sur une villa appartenant à la famille du Docteur Géraud, médecin qui travaillait pour la Maternité d’Elne. Cette maison, la Villa Saint-Jean, située en front de mer à Banyuls, offrait la possibilité de jouir du grand air, de l’ensoleillement et du calme de notre petit village.
Elle était dirigée par Mlle Durand assistée d’une infirmière et de deux ou trois aides-soignantes. Ellles s’occupaient des enfants, leur faisaient faire la promenade, tâchaient de leur faire reprendre des forces. Cela n’a pas toujours été couronné de succès puisqu’on a enregistré cinq décès d’enfants à Banyuls mais des dizaines de bébés condamnés à mourir dans les camps y ont été sauvés.
La Pouponnière a dû fermer ses portes en novembre 1942 quand l’armée allemande a envahi la zone libre pour éviter un débarquement allié sur les plages du sud de la France. Le enfants ont été regroupés à Elne puis envoyés à Castres.
La villa Saint-Jean, vendue au Laboratoire Arago, a été détruite, ouvrant ce bref moment de l’histoire locale à l’oubli collectif.C'est au cours d'une soirée exceptionnelle organisée en mai 2009 par l'Association Générations Banyuls sur le thème de l'exil et de la Retirada, que le Maire d’Elne, Nicolas Garcia, qui a fait beaucoup pour que soit connue la Maternité Suisse d'Elne, a évoqué l'existence de cet établissement qui lui était étroitement lié. Ce fut ensuite un long travail de recherches, de rencontres notamment avec l’auteur du livre sur la Maternité Suisse d'Elne "Femmes en exil, mères des camps", Tristan Castanier, avec les petites filles des propriétaires de la Villa Saint-Jean, de quête de témoignages. Cela a donné naissance à un petit recueil édité par l’Association Générations Banyuls : La Pouponnière de Banyus-sur-Mer , une annexe de la Marternité Suisse d’Elne – juillet 1941 – novembre 1942  qu’on peut trouver à la Maison de la Presse de Banyuls.

Dominique Baudry