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La délimitation de la frontière 1866-1869

Ce document a été élaboré à partir du texte conférence et de l'aimable autorisation de Jacques SAQUER Docteur en Histoire, Agrégé de l'Université.


La délimitation de la frontière 1866-1869

Pour espérer mettre un terme à la République Contrebandière de Banyuls, le pouvoir central avait établi plusieurs directives. Voir: La francisation de Banyuls
1 - Développer l’enseignement
2 - Améliorer les moyens de communications
3 - Mettre un terme à la notion floue de frontière.
En 1866, les commissaires français et espagnols se mirent au travail afin de convenir, dans le détail, de “l’acte final de délimitation de la frontière internationale des Pyrénées”.
Y participèrent :
    - du côté français : le général de division Camille Antoine Callier
    - du côté espagnol : Don Francisco-Maria Marin, marquis de la Frontera et Don Manuel de
      Monteverde y Bethancourt.
Des difficultés nombreuses ont surgi, notamment liées à l’enclave de Llivia pour la Cerdagne, et à Banyuls pour la partie la plus orientale : l’article 42 du traité des Pyrénées disposait que le lieu de Bagnieulz del Maresme et tout son district est des appartenances dudit comté de Roussillon. Or, sur ce territoire, le nom du Cap Peyrefite en catalan Perafita, du latin Petrafita, c’est-à-dire pierre plantée ou bornée, avait “réveillé d’anciennes convoitises de l’Espagne, et engagé les plénipotentiaires de la Reine à réclamer ce cap comme limite des deux états.
Le général Callier, éclairé par l’archiviste départemental Alart, n’eut aucun mal à préciser :  “il faut bien se garder de considérer ce lieu comme ayant formé, à une époque quelconque, la limite du pays de Roussillon ou du diocèse d’Elne”. Le territoire actuel de la commune de Banyuls comprenait autrefois trois circonscriptions paroissiales : celle de Saint Jean de Banyuls, partie basse de la vallée qui avait fixé le village actuel, et les paroisses de Sainte Marie de Las Abelles, partie supérieure de la vallée de Banyuls et de Saint Sauveur de Cervera, entre “le cap Perafita et le cap Cervera”. Toutes ces paroisses relevaient du diocèse d’Elne, et les seigneuries qui les doublaient avaient toujours relevé de la viguerie du Roussillon et du Vallespir.
L’affaire était donc entendue. Restait à fixer la limite extrême de la frontière.
La chaîne des Pyrénées finit par deux chaînons : l’un dirigé ver le cap Cerbère, l’autre vers le cap Punta de Usell. Au milieu se situe une anse dans laquelle se trouve la Cova Foradada. Le général Callier et les commissaires espagnols furent d’accord pour fixer cette limite.
L’article 15 du traité de délimitation du 26 mai 1866 enregistre ce tracé, explicité dans l’acte final du 11 Juillet 1868, promulgué par le décret impérial du 25 janvier 1869 dans les termes suivants :
“601. De ce dernier point de la chaîne, la frontière descend par l’arête rocheuse de la grande falaise à pic de la méditerrannée à la grotte nommée Cova Foradada, située sur le bord de la mer entre la pointe d’El Osell en Espagne et le cap Cervera en France.
602. Croix gravée en-dedans de la Cova Foradada sur la paroie verticale du côté de terre, à un mètre et demi au-dessus du sol ; c’est à cette grotte que se termine, à l’Orient, la frontière entre la France et l’Espagne.”